La bonté humaine

La bonté humaine existe : je l’ai trouvée aussi sur internet !


Bénévolat, volontariat international mais aussi mise à disposition de logiciels « open source » : en dépit de tout le mal qu’on peut en dire, les humains savent être « bons ».
Sur internet aussi. Quelques faits pour rester optimistes 🙂

2013. Vingt-et-unième siècle. Un bail !

On peut bien évidemment se plaindre du fait que les famines et les guerres font toujours rage sur notre mère Terre, que les bouleversements climatiques vont engendrer conflits et déplacements de population massifs, que l’homme est un loup pour l’homme et que le capitalisme est définitivement allé trop loin : savez-vous qu’1% des Américains possèdent près de 40% de la richesse du pays le plus puissant du monde ? Regardez cette animation éloquente (en anglais, mais c’est très visuel) : http://www.utrend.tv/v/9-out-of-10-americans-are-completely-wrong-about-this-mind-blowing-fact/), mais comme toujours il y a de bonnes raisons d’espérer, de croire que tout n’est pas perdu car nous avons fait beaucoup de chemin ensemble et l’humanité revient de loin, à chaque fois.

Depuis qu’un primate en Afrique a eu l’idée, il y a plus de trois millions d’années, de se lever sur ses pattes arrière pour observer les dangers au loin dans la savane – et ainsi protéger sa tribu – puis d’utiliser une pierre comme un outil – pour « améliorer » le quotidien – tous les progrès technologiques ont subtilement mais profondément modifié les sociétés et permis d’améliorer globalement la vie des gens, n’en déplaise aux pessimistes professionnels.

Les faits tout d’abord : chaque famille des pays civilisés a désormais un ou plusieurs « écrans » (on ne dit plus « ordinateur », « smartphone » ou « tablette », c’est déjà démodé) et nous sommes inondés d’informations, bombardés de stimuli, à tel point que certains d’entre nous développent une véritable addiction à internet, que des pathologies se développent. Mais bon, chaque progrès apporte ses excès et ses abus.

Désormais se connecter et poster des infos ou des photos sur internet est aussi « banal » que d’appuyer sur un commutateur pour faire « le jour » dans une pièce, ouvrir un robinet et voir couler de l’eau potable : choses qui relevaient de la science-fiction il y a encore quelques dizaines d’années dans nos pays occidentaux et qui sont encore des fantasmes dans certains coins reculés de notre planète.

La bonté humaine

Internet fait bouger les choses, et au-delà des flash-mobs ou des pétitions numériques qui font (heureusement) modifier les lois de certains pays et sauvent des jeunes filles condamnées à la lapidation (http://www.avaaz.org/fr/stop_stoning/), la vraie « révolution industrielle d’internet », c’est de faire rentrer directement la société civile et surtout les personnes privées dans la décision, dans l’action, dans l’Histoire, avec « moins de sang versé ».

Nous n’avons pas encore complètement fait le « debriefing » et l’analyse des événements de Téhéran de juin 2009 ni du printemps arabe pour tout comprendre et d’ailleurs nous n’avons pas encore assez de recul, mais il est certain qu’internet aura eu un rôle majeur et déterminant dans ces événements historiques. Là, les « agitateurs » pacifiques étaient « armés » de leur smartphone. Tout comme la fin des régimes communistes au début des années 1990 fut le résultat d’une théorie des dominos inversée orchestrée par la télévision, le printemps arabe aura été une révolution causée par internet. Un changement de paradigme, un peu lorsque Christophe Colomb a découvert l’Amérique il y a plus de cinq cents ans. Rien que ça !

De la même manière, internet catalyse des changements sociologiques profonds. La crise de la famille, la remise en cause du modèle classique « père-mère-pour-la-vie-quoi-qu’il-advienne » et le développement (salutaire selon moi) du mariage gay et lesbien dans le monde s’expliquent en partie par internet et son puissant et inédit effet de levier auprès des gens. Evidemment les réactions d’incompréhension et même de violence seront à la mesure de ce développement des mœurs trop rapide. D’où manifestations, radicalisations, voire même terrorisme pour les cas les plus extrêmes du rejet de ce modèle « occidental » de la famille.

La_Bonté_et_la_Générosité.

Alors, et la bonté dans tout ça ?

Pour moi et pour le peintre de cette allégorie qui a fort justement choisi de montrer une mère sur le point d’allaiter son enfant, la bonté fait référence à la féminité de notre personnalité, à ce qui touche à notre « spontanéité bienveillante » : l’impulsion première et naturelle d’aider son prochain dans le besoin, je dirais presque « l’assistance à personne en danger ». Mais la bonté peut se décliner comme un acte naturel et régulier, sans caractère d’urgence.

Cela m’est presque curieux ou à tout le moins inhabituel d’utiliser l’adjectif qualificatif « bon » pour un être humain. Ce mot a beaucoup perdu de son sens premier : on parle de « bon » élève, de « bon » parent, de « bonne » mesure gouvernementale (eh oui, il y en a, bien évidemment !), mais peu de « bon » être humain. C’est un tort.

Pourtant la bonté est bien à la source de notre « humanité ». C’est bien la bonté qui anime la mère lorsqu’elle allaite son enfant : pourquoi l’utiliser comme allégorie alors ? D’aucuns parleront tout simplement de l’instinct maternel, mais j’aurai l’occasion de développer cette opinion à l’avenir…

Encore une fois, les faits : aujourd’hui on peut tout apprendre sur internet. Le rêve altruiste de Diderot et d’Alembert – l’Encyclopédie – est une réalité. C’est quand même dingue, non ? Votre serviteur a quarante ans : j’ai pianoté en langage BASIC sur ma première bécane, un TO7 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomson_TO7 ) lorsque j’étais en école primaire. J’adorais faire apparaître des cercles sur l’écran (fonction CIRCLE) et je n’avais pas peur d’attendre une demi-heure pour qu’un jeu en seize couleurs se « charge » dans la mémoire de l’ordinateur depuis un lecteur de cassettes. Je devais faire le 16 sur le téléphone familial pour pouvoir parler à mes grands-parents qui habitaient dans un autre département et j’ai vu, comme beaucoup d’entre vous, le minitel trôner dans le salon comme un vrai miracle… Maintenant je raconte cela à mon fils de douze ans et il me regarde comme si j’étais l’homme de Neandertal. Cela vous dit quelque chose, non ?

Cependant nous vivons des moments extraordinaires : je ne saurai jamais assez remercier les contributeurs de Wikipédia ou d’OpenStreetMap, tous ces bénévoles qui de par le monde donnent de leur temps et leur énergie pour mettre à notre disposition à toutes et tous leurs connaissances, qui permettent à des langues anciennes de ne pas mourir, qui ne cherchent pas le profit mais sont motivés par la bonté, tout simplement. A peine croyable, surtout si l’on ne fait que regarder les horreurs du journal télévisé !

Savez-vous que n’importe qui peut donner de son temps et aider une boîte ou une association à démarrer ou à se développer en Afrique ou en Asie ? Allez jeter un coup d’œil sur http://www.unv.org/ . Vous y rencontrerez des âmes charitables qui aident bénévolement ceux qui ont besoin d’un coup de main professionnel. C’est comme aller donner son temps pour le secours catholique ou les restos du cœur, mais de l’autre côté de la planète. Dingue, non ?

Encore plus fort : des logiciels complexes sont mis à disposition gra-tui-te-ment. On va du système d’exploitation complet (Linux, Ubuntu) en passant par les suites bureautiques (Open Office, Libre Office), les milliers d’applications diverses et variées qui permettent de faire un peu tout et n’importe quoi. Eh bien, Google (vous connaissez ?) n’est pas en reste en matière de bonté, n’en déplaise à ses nombreux détracteurs : que dire de cette fabuleuse application « Google Earth » qui permet de visiter notre village planétaire comme jamais auparavant, « Google Sketchup » (logiciel créé justement pour le développement de l’application précédente) qui en quelques clics vous permet de dessiner à peu près n’importe quelle forme en 3D (gratuit !), et tout récemment « Google Photosphere » qui deviendra une sorte de « Wikipedia des photos de notre planète en 3D ». Tout le monde pourra participer à la cartographie, tout le monde pourra tomber amoureux de ce qui nous entoure et que nous pillons sans vergogne : la Terre.

Evidemment qu’il ne faut pas être naïf et savoir que l’intérêt commercial existe. Ne nous voilons pas la face : c’est légitime car chaque business doit survivre. Mais la « méchanceté » et le capitalisme pur et dur ne peuvent pas être partout et tout le temps. Les choses changent. Certains leaders d’opinion très influents, tels Sir Richard Branson, pensent et agissent de telle manière que le capitalisme peut être une « force pour faire le bien » (notamment dans son excellent livre « Screw Business as usual »). Le débat d’idées existe, et « les planètes sont alignées » pour qu’internet contribue à ce changement de philosophie dans le business.

Ces lignes peuvent paraître candides ou naïves car tout est simple, presque trop simple désormais : l’information et les outils du développement personnel et collectif sont disponibles pour chacun. On peut donc apprendre par soi-même, échanger, évoluer. Au delà de la « naïveté » de ce constat simple (et pour l’obtention duquel il a fallu déployer des efforts technologiques titanesques, ne l’oublions pas), c’est en fait l’occasion inespérée de faire massivement (ou plutôt mondialement) reculer l’ignorance, l’intolérance, l’incompréhension, et surtout leurs désastreuses conséquences : la méfiance, le racisme, la guerre.

Les « lanceurs d’alerte » sont d’une certaine manière les hérauts sacrifiés annonçant ces temps nouveaux.

Alors, est-ce la fin de l’homo economicus et l’avènement de l’homo altericus comme l’annonçait Matthieu Ricard très récemment (http://www.franceinfo.fr/entretiens/tout-et-son-contraire/tout-et-son-contraire-1-matthieu-ricard-version-1-1192639-2013-10-28 ) ? Peut-être, espérons-le en tout cas !

C’est un pessimiste, un pantouflard périgourdin qui vous parle. Je suis génétiquement programmé pour résister au changement. Cependant j’ai suffisamment roulé ma bosse et la vie (ma femme surtout !) m’a suffisamment et à de nombreuses reprises extirpé de ma zone de confort pour que je puisse vous écrire : oui, la bonté existe, je l’ai rencontrée sur internet, et il y a de bonnes raisons d’espérer !

Bien amicalement 😉

Olivier

Crédits photos :

  1. « random-acts-of-kindness.jpg » – http://fathers.com/tag/kindness
  2. « La bonté et la générosité » par Louis Jean Francois Lagrenée (Château de Fontainebleau) – http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ALa_Bont%C3%A9_et_la_G%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9..jpg
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