Les jours heureux…


affiche_les_jours_heureux_petiteNotre « modèle social » français, si mal en point actuellement, est le fruit d’une pensée politique forte et consensuelle qui s’est formée pendant la deuxième guerre mondiale, dans la clandestinité. Le « Conseil National de la Résistance », dont Jean Moulin fut le célèbre dirigeant, mit au point certains principes qui furent appliqués à la Libération, dans un document cadre. Son nom : « Les jours heureux » ; ils marquèrent pour des décennies notre société.

Mon père est un homme pétri d’histoires et d’Histoire, et surtout d’histoires dans l’Histoire. Il aime se plonger dans le passé et révéler les mécanismes subtils de la vie, ce qui a poussé telle ou tel anonyme à prendre des décisions radicales et fortes qui ont changé le reste de son existence, ou au contraire souligner lorsque la peur du changement fut trop forte. Il a une prédilection pour les événements liés à la deuxième guerre mondiale dont les témoins disparaissent peu à peu. Il ne cherche pas à juger mais expose les faits et a un vrai don pour amener ces gens à témoigner. Et souvent, ces petites histoires aident à comprendre la grande, celle avec un H.

A ce titre il me fait parvenir de temps en temps des articles de journaux, sans plus de précisions, comme on soumet un koan à un novice zen en espérant qu’il atteigne l’éveil. Le dernier en date relate la singulière histoire des « jours heureux », ce film dont vous pourrez voir une présentation ici.

J’avoue avoir été intrigué par ce défi proposé par mon père car, pour ma part, je suis plutôt intéressé par la géopolitique en général, je cherche à comprendre les « flux » historiques comme on étudierait la carte des vents sur plusieurs siècles. J’aime surtout « relier les points » qui semblent discrets (au sens mathématique) sur la frise chronologique et comprendre a posteriori ce qui était illisible sur le moment. A ce titre, le discours de Steve Jobs, le génial fondateur d’Apple, à l’Université de Stanford en 2005 est éloquent (n’oubliez pas d’activer les sous-titres en français).

L’idée est que certains choix historiques ont un impact plus ou moins intense et long dans la structure et l’idéologie d’une société : alors que la radioactivité du carbone 14 diminue de façon prévisible et constante dans le temps, la « socioactivité » des « jours heureux » du Conseil National de la Résistance est encore forte. Et sans doute d’actualité. L’envoi de mon père m’a permis de comprendre qu’en des temps de guerre, d’atrocités, des responsables de tous horizons animés chacun par un engagement politique fort ont pu tomber d’accord malgré leurs différences pour influencer durablement la France.

Alors que faire aujourd’hui de cet héritage ? Avons-nous besoin d’une autre guerre mondiale pour que de grands hommes établissent un programme pour la France ? Certes non ! Et pourtant, ce ne sont pas les urgences qui manquent.

En ce moment les engagements politiques « mous » font recette, car l’incertitude est globale, « globalisée » pourrait-on dire. La France de 2013 n’a plus grand-chose à voir avec celle de 1946, c’est une évidence, personne ne peut faire la liste exhaustive de tous les défis à affronter par notre Vème République mais on est en droit d’en attendre un peu plus de notre pays.

Certains « vents » se lèvent, et en faisant quelques recherches sur « les jours heureux », je suis tombé sur le site d’un mouvement citoyen, la « Nouvelle Donne ». Idées intéressantes, qui tranchent, qui offrent une direction et certaines ruptures car nos modèles sociaux sont faits de ruptures historiques, souvent sanglantes d’ailleurs. Mais j’espère qu’internet réduira le sang versé…

Les Français ne sont pas les seuls à souffrir : le capitalisme pur et dur est allé trop loin un peu partout sur notre village planétaire et certains penseurs ou capitaines d’industrie, tels Richard Branson, ami personnel de feu Nelson Mandela, proposent une autre direction au capitalisme comme « force du bien ». Ce n’est pas une blague ou un mauvais film de série B anglo-saxonne car déjà des milliers d’emplois ont été créés notamment en Afrique du Sud. Souhaitons que cette mutation non cancérigène du capitalisme comme réponse à la réalité du réchauffement climatique et de la pollution humaine sera le bon. Personnellement j’en suis convaincu : l’humanité a déjà frôlé plusieurs fois la catastrophe et s’est relevée : je l’ai lu dans les vents !

Alors pour honorer la mémoire des membres du CNR je pose simplement la question : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Bien amicalement,

Olivier

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