je suis triste…


… presque désemparé. La victoire écrasante du Front National aux élections européennes était prévisible et pourtant je ne peux pas m’empêcher d’être triste, de pleurer sur un important recul des institutions européennes dans les années qui viennent. L’Europe, c’est à bien y réfléchir, toute ma vie : j’y ai passé la majorité de ma vie, j’ai eu de profondes amitiés en Allemagne, je suis marié à une Roumaine.

Je sais que, par exemple, c’est l’Union Européenne qui a empêché le basculement de la Roumanie dans la dictature en juillet 2012. Oui, 2012. Il y a à peine deux ans. Je sais que c’est l’Europe qui garantit la paix entre les nations depuis des décennies, alors qu’en Ukraine la guerre civile menace…

Mais voilà, beaucoup ont cru que tout cela était immuable, l’indolence et l’incurie ont fait leur nid dans les ambitions personnelles, quitte à cracher sur les valeurs.
Ainsi l’UMP vient-elle de démettre Jean-François Copé et l’affaire Bygmalion engendrera de tels chocs que peut-être ce parti disparaîtra.
Le PS, depuis l’élection de François Hollande, fait tout pour se faire battre à tous les scrutins, avec une constance et un aveuglement qui font froid dans le dos.

Alors que penser de tout cela, de ce « non-événement » qui pourtant nous a tous surpris ?

Eh bien il faut revenir aux fondamentaux et ouvrir les livres d’histoire : ce n’est pas la première fois – ni la dernière – que les Français flirtent avec le nationalisme. C’est presque cyclique. Sauf que là, la crise financière, les conséquences de la mondialisation exacerbent le ras-le-bol de mes concitoyens pour le « système ».

Personne ne conteste que ce système doit être réformé : le trop-plein normatif et législatif, le trop d’impôts, la dette souveraine, le déficit de la sécu, etc.

Et donc la victoire du Front National amènera un sursaut positif, « fatalement », un retour vers les valeurs européennes, mais à plus longue échéance, après quelques années. Parce que je pense que c’est déjà trop tard pour se recroqueviller dans notre coquille française, c’est tout simplement à contre-courant.

Pour le moment je suis tout à ma tristesse – presque mon deuil – mais je sais bien que les cycles finissent par se terminer, un jour…

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4 réflexions sur « je suis triste… »

  1. La France est-elle « frontière » ou plus simplement « fainéante » ? Près de 60 % des électeurs ne se sont pas levés pour aller voter. L’Europe d’accord pour la critiquer, mais pas pour y aller a

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  2. …au combat, changer ce qui ne va pas. Moi ce qui me désole, cher Olivier (j’ai d’ailleurs écrit un billet à ce sujet, mais j’en ai oublié le titre) ce sont les manifs dans la rue… mais le silence dans les urnes. Et là, les extrémistes en profitent. Bien à toi, Michel 😉

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  3. Cher Michel,
    Je pense qu’il faudrait établir que le vote est obligatoire, comme chez vous en Belgique, et amender les abstentionnistes…

    Nous faisons partie de la « patrie des droits de l’homme » – quid de ses obligations ? Un des devoirs du citoyen est d’aller voter : les conséquences de ce « non vote » seront catastrophiques sur la construction européenne, au moins jusqu’aux prochaines élections.

    J’espère que les gens de bonne volonté se réuniront, que ce soit à l’UMP moribonde et au PS en arrêt cardiaque.

    Bien à toi !
    olivier 😉

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